Le chérifisme alaouite et la propagation de la Shādhiliyya dans la région du Touat au XVIIIe siècle

La rivalité historique entre les deux grands ordres confrériques du Maghreb, la Shādhiliyya et la Qādiriyya, qui s’est jouée à une échelle particulière dans la région saharienne du Touat, s’y est-elle résorbée en une sorte de synthèse ou de syncrétisme ? C’est ce que laisseraient à penser les pratiques incantatoires actuelles des disciples du saint alaouite Moulay Abdallah al-Raggānī (m. 1735), qui continuent, aujourd’hui encore, de combiner les deux wird, qādirī et shādhilī. Dans quelle mesure l’histoire de la diffusion des zawiyas au Sahara nous renseigne sur cet état de fait et sur les limites de la cooptation politique des confréries, en l’occurrence, de la Shādhiliyya par le chérifisme alaouite ? Continuer la lecture de « Le chérifisme alaouite et la propagation de la Shādhiliyya dans la région du Touat au XVIIIe siècle »

L’enseignement et la formation du leadership religieux au Maroc : un outil d’une diplomatie religieuse (+audio)

Par Dahir chérifien, fut créé en 2015 l’Institut Mohammed VI de formation des imams, prédicateurs et prédicatrices dont l’objectif est d’offrir une orientation religieuse dans les domaines de l’imamat en renforçant l’appui de « l’islam marocain » sur la commanderie des croyants, le rite malékite, le dogme acharite et le soufisme sunnite. Cette importante mesure s’inscrit, d’une part, dans le cadre général de la volonté du Maroc de contrôler l’espace religieux qui est confronté aux influences diverses (wahabisme et chiisme), et d’autre part d’asseoir les fondements d’une « sécurité spirituelle » que le pays envisage de partager avec les autres pays africains à travers la promotion d’une diplomatie religieuse basée sur des fondements religieux communs. Continuer la lecture de « L’enseignement et la formation du leadership religieux au Maroc : un outil d’une diplomatie religieuse (+audio) »

Vocal Arrangements: Technology and Authority in the Revival of ‘ilm al-qira’at (+audio)

What happens when new technologies are taken up in the refashioning of time-honored religious disciplines? What is so “traditional” about these disciplines in their revived form, and how are mediating technologies themselves altered in the process? I take up these questions in relation to ‘ilm al-qira’at, a discipline involving the study and application of the Qur’an’s seven variant vocal “readings” (qira’at) which has been resurgent among Islamic scholars in Morocco and elsewhere in the last decade. I begin with an ethnographic survey of the discipline as it is practiced at the state-supported Ma‘had Mohammed VI, highlighting the interconnectedness of vocalization, reading, writing, listening, and memorization within the discipline’s pedagogy. I then move on to an examination of a studio recording project underway at the Madrasat Ibn al-Qadi in Sale, the aim of which is a comprehensive rendering of all seven qira’at as a reference work for current and future students of the qira’at. Continuer la lecture de « Vocal Arrangements: Technology and Authority in the Revival of ‘ilm al-qira’at (+audio) »

Ahmed Boulaaraf (1865-1955) : une figure atypique d’un commerçant savant

Personnage emblématique de la vie culturelle dans l’espace sahélosaharien à la première moitié du XXsiècle, Ahmed Boulaaraf est un lettré, commerçant, soufi et grand collectionneur de livres et de manuscrits. Il est né à la ville de Guelmim (sud du Maroc) en 1865 ; il quitta sa ville natale très jeune pour s’installer à Tombouctou en 1905, après un long périple à travers la Mauritanie et le Sénégal. Il développa à partir de cette ville une activité commerciale centrée sur les manuscrits et les livres. Ces nombreuses correspondances avec des libraires, des lettrés, des éditeurs, des commerçants et des copistes démontrent sa capacité d’établir un réseau solide à travers une vaste région : Mali, Sénégal, Niger, Maroc, Égypte, Liban, Tunisie, Algérie. En parallèle de sa carrière de commerçant de livres, Ahmed Boulaaraf était aussi un lettré sollicité par son entourage pour fournir des fatwas. Il rédigea des livres dans différents domaines du savoir religieux. Il est mort en 1955 à Tombouctou laissant une riche bibliothèque comportant des centaines de manuscrits et des livres imprimés. Continuer la lecture de « Ahmed Boulaaraf (1865-1955) : une figure atypique d’un commerçant savant »

Bilan d’étape du programme ILM

(suite aux deux journées d’études : Savants musulmans au Maghreb ; Institutionnalisation et circulation du savoir religieux à partir du Maroc)

  1. Les séminaires en cours
  • Le séminaire ILM au Centre Jacques Berque, coordonné par Anis Fariji.
    Il s’agit d’un séminaire mensuel, avec une intervention d’une heure suivie d’un débat initié par un discutant-invité qui porte sur la thématique du savoir et de l’enseignement religieux au Maroc ou dans les pays voisins. La priorité y est donnée aux participants au programme ILM qui présentent les travaux réalisés mais il accueille également des intervenants extérieurs au programme travaillant sur la même thématique. Continuer la lecture de « Bilan d’étape du programme ILM »

Journée d’étude : Savants musulmans du Maghreb

Vendredi 29 juin 2018, Centre Jacques-Berque (Rabat)
Organisation : Sabrina Mervin
Coordination : Anis Fariji

9h15. Accueil des participants

9h30. Bilan et perspectives du programme  (Sabrina Mervin)

  • Le séminaire ILM et les séminaires conjoints ;
  • Ateliers et journées d’études en perspectives ;
  • Présentation, par David Goeury et Lahoucine Aguinou, de cartes (géographiques) de certaines structures de l’enseignement de l’islam au Maroc ;
  • Point sur le site anrilm.cnrs.fr ;
  • Les publications et autres livrables.

10h45. Pause Continuer la lecture de « Journée d’étude : Savants musulmans du Maghreb »

Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale 

Derrière de trop nombreux vinyles musicaux s’immiscent des sonorités religieuses aux vibrations contradictoires. En arrière-fonds des choix et des goûts pour l’écoute musicale, des avis sous forme d’ouvrages juridiques, d’écrits en ligne, voire de voix de cheikh sur les sites de partage de vidéos paramètrent les usages artistiques. Le questionnement de la religion sur la musique n’est donc pas toujours un long fleuve tranquille et c’est là une interférence qui dure depuis le IXe siècle au moins. Continuer la lecture de « Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale  »

L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio)

Le Rif central, notamment la région de Ghmara, est connu par sa tradition de l’enseignement coranique. Dans le passé, chaque école était réputée pour son fqih et la réputation du fqih jouait un rôle primordial dans le choix des apprentis/taleb. Certains villages sont ainsi traditionnellement plus réputés que d’autres. Avec l’expansion de l’économie du kif et l’arrivée de l’école moderne, la tradition de l’enseignement traditionnel a disparu dans plusieurs villages. C’est dans ce cadre et en continuité avec nos recherches sur cette région que cette intervention, basée sur l’observation des classes de ta’lim a’tiq (enseignement traditionnel) dans un village de Beni Khaled, visera à mettre à jour les transformations liées au ta’lim a’tiq dans le bled du kif. Continuer la lecture de « L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio) »