Vocal Arrangements: Technology and Authority in the Revival of ‘ilm al-qira’at (+audio)

What happens when new technologies are taken up in the refashioning of time-honored religious disciplines? What is so “traditional” about these disciplines in their revived form, and how are mediating technologies themselves altered in the process? I take up these questions in relation to ‘ilm al-qira’at, a discipline involving the study and application of the Qur’an’s seven variant vocal “readings” (qira’at) which has been resurgent among Islamic scholars in Morocco and elsewhere in the last decade. I begin with an ethnographic survey of the discipline as it is practiced at the state-supported Ma‘had Mohammed VI, highlighting the interconnectedness of vocalization, reading, writing, listening, and memorization within the discipline’s pedagogy. I then move on to an examination of a studio recording project underway at the Madrasat Ibn al-Qadi in Sale, the aim of which is a comprehensive rendering of all seven qira’at as a reference work for current and future students of the qira’at. Continuer la lecture de « Vocal Arrangements: Technology and Authority in the Revival of ‘ilm al-qira’at (+audio) »

Ahmed Boulaaraf (1865-1955) : une figure atypique d’un commerçant savant

Personnage emblématique de la vie culturelle dans l’espace sahélosaharien à la première moitié du XXsiècle, Ahmed Boulaaraf est un lettré, commerçant, soufi et grand collectionneur de livres et de manuscrits. Il est né à la ville de Guelmim (sud du Maroc) en 1865 ; il quitta sa ville natale très jeune pour s’installer à Tombouctou en 1905, après un long périple à travers la Mauritanie et le Sénégal. Il développa à partir de cette ville une activité commerciale centrée sur les manuscrits et les livres. Ces nombreuses correspondances avec des libraires, des lettrés, des éditeurs, des commerçants et des copistes démontrent sa capacité d’établir un réseau solide à travers une vaste région : Mali, Sénégal, Niger, Maroc, Égypte, Liban, Tunisie, Algérie. En parallèle de sa carrière de commerçant de livres, Ahmed Boulaaraf était aussi un lettré sollicité par son entourage pour fournir des fatwas. Il rédigea des livres dans différents domaines du savoir religieux. Il est mort en 1955 à Tombouctou laissant une riche bibliothèque comportant des centaines de manuscrits et des livres imprimés. Continuer la lecture de « Ahmed Boulaaraf (1865-1955) : une figure atypique d’un commerçant savant »

La formation des nouveaux Imams au Maroc : remarques critiques sur le contenu des manuels d’enseignement (en arabe) (+audio)

تكوين « الأئمة الجدد » بالمغرب: ملاحظات نقدية حول محتوى مقررات التكوين

يحيل موضوع التكوين الديني بالمغرب على التدريبات التي تشرف عليها المؤسسة الدينية الرسمية بهدف تخريج أطر دينية مؤهلة لمزاولة بعض المهام الدينية المتعلقة بالإمامة والخطابة والوعظ والإرشاد. يعتبر معهد محمد السادس لتكوين الأئمة المرشدين والمرشدات، الذي تم تدشينه في مارس 2015، الإطار المؤسساتي الرئيسي والوحيد بالمغرب الذي يضطلع بمهمة تكوين نخبة جديدة من الأئمة والمرشدات الدينيات. تعكس مأسسة هذا التكوين وتوسعته انتباه الدولة إلى الدور الحساس والخطير الذي يؤديه الإمام في التأطير والتوعية الدينية للمجتمع ومن تم الإسهام في تعزيز الهوية الدينية المغربية وتحصينها.جاء تأسيس هذا المعهد كامتداد ومحصلة لحوالي عشرة سنوات من التجربة والخبرة النوعية المهمة التي راكمها البرنامج المحلي لتكوين الأئمة والمرشدات الذي تم إنشاؤه سنة 2005، وهو يجسد مواكبة المؤسسة الدينية الرسمية وانخراطها القوي في بعض الرهانات السياسية الطموحة للدولة المغربية على الصعيدين الإقليمي والدولي. Continuer la lecture de « La formation des nouveaux Imams au Maroc : remarques critiques sur le contenu des manuels d’enseignement (en arabe) (+audio) »

La madrasa, une source de diffusion de la baraka (+audio)

Les madrasas au Maroc, écoles religieuses traditionnelles, sont connues pour être des institutions maraboutiques et des établissements saints. Elles jouent des rôles multiples en jouissant de pouvoirs temporels et symboliques. Douées de sainteté, ces écoles diffusent la baraka ; elles la transmettent à leurs acteurs qui se chargent de la retransmettre, à leur tour, dans leur entourage. Continuer la lecture de « La madrasa, une source de diffusion de la baraka (+audio) »

Apprendre le Coran par cœur dans le kuttāb au Maroc (Salé, Rabat et Souss) : mémoire et synesthésie (+audio)

La mémorisation du Coran occupe une place fondamentale dans la transmission de l’islam. Jusqu’à aujourd’hui, malgré les nombreuses réformes de l’enseignement religieux au Maroc, l’apprentissage par cœur de l’intégralité du texte est une étape obligatoire dans la formation du personnel religieux. Dans le kuttāb où le Coran est mémorisé durant plusieurs années, le lūḥ, traditionnelle planchette en bois, est encore considéré comme l’outil mnémonique le plus efficace. Continuer la lecture de « Apprendre le Coran par cœur dans le kuttāb au Maroc (Salé, Rabat et Souss) : mémoire et synesthésie (+audio) »

Ecriture et dévotion dans les livres de prières consacrés au Prophète Muḥammad : les cas des Dalā’il al-Khayrāt de Muḥammad b. Sulaymān al-Jazūlī (18e-19e s.) (+audio)

Depuis sa composition vers 1453 par le mystique marocain Muḥammad b. Sulayman al-Jazūlī (m. 1465), le Dalā’il al-Khayrāt, livre de prières dédié à Muḥammad, devint l’un des ouvrages les plus copiés en Afrique du Nord, après le Coran. D’une manière similaire à ce dernier, il fit l’objet d’une révérence particulière de la part des copistes et des enlumineurs marocains, s’appliquant à élaborer des figures calligraphiques exceptionnelles et à doter les copies de riches enluminures. Continuer la lecture de « Ecriture et dévotion dans les livres de prières consacrés au Prophète Muḥammad : les cas des Dalā’il al-Khayrāt de Muḥammad b. Sulaymān al-Jazūlī (18e-19e s.) (+audio) »

Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale 

Derrière de trop nombreux vinyles musicaux s’immiscent des sonorités religieuses aux vibrations contradictoires. En arrière-fonds des choix et des goûts pour l’écoute musicale, des avis sous forme d’ouvrages juridiques, d’écrits en ligne, voire de voix de cheikh sur les sites de partage de vidéos paramètrent les usages artistiques. Le questionnement de la religion sur la musique n’est donc pas toujours un long fleuve tranquille et c’est là une interférence qui dure depuis le IXe siècle au moins. Continuer la lecture de « Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale  »

L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio)

Le Rif central, notamment la région de Ghmara, est connu par sa tradition de l’enseignement coranique. Dans le passé, chaque école était réputée pour son fqih et la réputation du fqih jouait un rôle primordial dans le choix des apprentis/taleb. Certains villages sont ainsi traditionnellement plus réputés que d’autres. Avec l’expansion de l’économie du kif et l’arrivée de l’école moderne, la tradition de l’enseignement traditionnel a disparu dans plusieurs villages. C’est dans ce cadre et en continuité avec nos recherches sur cette région que cette intervention, basée sur l’observation des classes de ta’lim a’tiq (enseignement traditionnel) dans un village de Beni Khaled, visera à mettre à jour les transformations liées au ta’lim a’tiq dans le bled du kif. Continuer la lecture de « L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio) »

La Murchida (épître qui guide) et son impact dans l’enseignement de l’Islam au Maroc (+audio)

La Murchida (ou épître qui guide) est un texte court (une page dans sa version la plus courte) traitant de croyance ach‘arite. S’il est pour nombre de savants marocains et orientalistes un témoin historique de l’implantation de cette école dans la région, puisqu’ils l’attribuent à Ibn Tūmart (524/1129), ce texte est connu au Moyen-Orient comme étant le texte d’Ibn ‘Asākir (640/1224), et ce dans de nombreuses écoles où il est enseigné jusqu’à nos jours. Continuer la lecture de « La Murchida (épître qui guide) et son impact dans l’enseignement de l’Islam au Maroc (+audio) »

La politique coloniale française envers l’enseignement de l’islam au Maghreb – par Shoko Watanabe

Cette intervention a pour objectif de montrer le fait que la politique coloniale française vis-à-vis des institutions islamiques au Maghreb, mises en place depuis le milieu du XIXe siècle, était motivée par une politique indirecte de domination. Par-delà la dichotomie répandue entre « assimilation » et « association », la construction d’un double système d’enseignement – ancien et nouveau – aux états « protectorates » devrait être comprise au regard du développement de la politique de l’islam en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Continuer la lecture de « La politique coloniale française envers l’enseignement de l’islam au Maghreb – par Shoko Watanabe »