Journée d’étude : Savants musulmans du Maghreb

Vendredi 29 juin 2018, Centre Jacques-Berque (Rabat)
Organisation : Sabrina Mervin
Coordination : Anis Fariji

9h15. Accueil des participants

9h30. Bilan et perspectives du programme  (Sabrina Mervin)

  • Le séminaire ILM et les séminaires conjoints ;
  • Ateliers et journées d’études en perspectives ;
  • Présentation, par David Goeury et Lahoucine Aguinou, de cartes (géographiques) de certaines structures de l’enseignement de l’islam au Maroc ;
  • Point sur le site anrilm.cnrs.fr ;
  • Les publications et autres livrables.

10h45. Pause Continuer la lecture de « Journée d’étude : Savants musulmans du Maghreb »

La taḥzzabt : une vocalisation coranique excentrique (Anis Fariji)

©Compétition de récitations taḥzzabt au moussem de Lalla Taalat (madrasa de al-Sawābī) | 15-03-2018

Cette communication rappellera la place importante qu’occupent les récitations collectives du Coran au Maroc. Ensuite elle s’arrêtera plus particulièrement sur une pratique coranique spécifique de la région du Souss (Maroc) : la taḥzzabt. Il s’agit d’une récitation en cercle réduit, exécutée par des récitants aguerris, d’une intensité vocale telle qu’elle ne laisse pas d’attiser les critiques. En effet, depuis longtemps, l’orthodoxie sunnite s’emploie à « polir » la taḥzzabt, si ce n’est à l’abolir. Or rien n’est moins évident quant à ce dessein, tant les pratiquants de la taḥzzabt semblent y tenir. Cette communication tentera de rendre compte du substrat à la fois dogmatique, anthropologique et esthétique de la taḥzzabt, et de son caractère excentrique. Continuer la lecture de « La taḥzzabt : une vocalisation coranique excentrique (Anis Fariji) »

تصدير “الأمن الروحي” كآلية إستراتيجية لدعم التمدد المغربي في إفريقيا (Salim Hmimnat)

في إطار مقاربة ناعمة للتوغل في إفريقيا، طوّر المغرب خلال السنوات العشر الأخيرةإستراتيجية جديدة لتصدير تجربته في مجال “الأمن الروحي” إلى عدد من البلدان الإفريقية. تندرج هذه الإستراتيجية الدينية الإقليمية في إطار رؤية طموحة تستهدف تعميق النفوذ السياسي والاقتصادي للمملكة بالقارة السمراء، وتتجسد ملامحها في العديد من المبادرات الرامية إلى توثيق التعاون المغربي-الإفريقي في المجال الديني. بيد أن هناك تحديات تعترض هذه الإستراتيجية، لاسيما المنافسة من بعض المرجعيات الدينية المرتبطة ببعض الدول من شمال إفريقيا والخليج والتي أضحت، بفضل الإمكانات المادية الضخمة والشبكات النافذة التي تسخرها، تنازع جديا الحضور الروحي التاريخي للمغرب داخل عدد من دول إفريقيا الغربية.

http://mipa.institute/wp-content/uploads/2018/03/احميمنات-تصدير-الأمن-الروحي.pdf

Ecriture et dévotion dans les livres de prières consacrés au Prophète Muḥammad : les cas des Dalā’il al-Khayrāt de Muḥammad b. Sulaymān al-Jazūlī (18e-19e s.) (+audio)

Depuis sa composition vers 1453 par le mystique marocain Muḥammad b. Sulayman al-Jazūlī (m. 1465), le Dalā’il al-Khayrāt, livre de prières dédié à Muḥammad, devint l’un des ouvrages les plus copiés en Afrique du Nord, après le Coran. D’une manière similaire à ce dernier, il fit l’objet d’une révérence particulière de la part des copistes et des enlumineurs marocains, s’appliquant à élaborer des figures calligraphiques exceptionnelles et à doter les copies de riches enluminures. Continuer la lecture de « Ecriture et dévotion dans les livres de prières consacrés au Prophète Muḥammad : les cas des Dalā’il al-Khayrāt de Muḥammad b. Sulaymān al-Jazūlī (18e-19e s.) (+audio) »

Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale 

Derrière de trop nombreux vinyles musicaux s’immiscent des sonorités religieuses aux vibrations contradictoires. En arrière-fonds des choix et des goûts pour l’écoute musicale, des avis sous forme d’ouvrages juridiques, d’écrits en ligne, voire de voix de cheikh sur les sites de partage de vidéos paramètrent les usages artistiques. Le questionnement de la religion sur la musique n’est donc pas toujours un long fleuve tranquille et c’est là une interférence qui dure depuis le IXe siècle au moins. Continuer la lecture de « Art-la-loi ou la construction du positionnement fiqhique sur la question musicale  »

L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio)

Le Rif central, notamment la région de Ghmara, est connu par sa tradition de l’enseignement coranique. Dans le passé, chaque école était réputée pour son fqih et la réputation du fqih jouait un rôle primordial dans le choix des apprentis/taleb. Certains villages sont ainsi traditionnellement plus réputés que d’autres. Avec l’expansion de l’économie du kif et l’arrivée de l’école moderne, la tradition de l’enseignement traditionnel a disparu dans plusieurs villages. C’est dans ce cadre et en continuité avec nos recherches sur cette région que cette intervention, basée sur l’observation des classes de ta’lim a’tiq (enseignement traditionnel) dans un village de Beni Khaled, visera à mettre à jour les transformations liées au ta’lim a’tiq dans le bled du kif. Continuer la lecture de « L’enseignement traditionnel dans le bled du kif : la reconquête d’une tradition (+audio) »

Sabrina Mervin et Farid El Asri : Réformes de l’enseignement

Séminaire inter-laboratoires CéSor, CHERPA, IDEMEC, IREMAM
De la fabrique des autorités religieuses : qualifications, légitimations et ancrages des « clercs » de l’islam, du christianisme et du judaïsme en Méditerranée

Prochaine séance le Jeudi 15 mars 2018 « Réformes de l’enseignement » au CHERPA, Sciences Po Aix-en-Provence, Espace Philippe Séguin (EPS) 003, 10h00-12h30 autour de deux présentations.

L’enseignement religieux dans le chiisme contemporain entre modèle « traditionnel » et réformes

Sabrina Mervin, CéSor

Dès les années 1920, des oulémas et des jeunes clercs appelèrent à la réforme de la hawza de Najaf, foyer de savoir du chiisme. Depuis, d’autres initiatives ont été lancées, provoquant d’autres débats dans les milieux cléricaux. La République islamique d’Iran, à partir de 1979, a de son côté modernisé l’enseignement et favorisé les passerelles avec l’université afin de former un clergé susceptible de s’intégrer dans les rouages de l’État. Continuer la lecture de « Sabrina Mervin et Farid El Asri : Réformes de l’enseignement »

La Murchida (épître qui guide) et son impact dans l’enseignement de l’Islam au Maroc (+audio)

La Murchida (ou épître qui guide) est un texte court (une page dans sa version la plus courte) traitant de croyance ach‘arite. S’il est pour nombre de savants marocains et orientalistes un témoin historique de l’implantation de cette école dans la région, puisqu’ils l’attribuent à Ibn Tūmart (524/1129), ce texte est connu au Moyen-Orient comme étant le texte d’Ibn ‘Asākir (640/1224), et ce dans de nombreuses écoles où il est enseigné jusqu’à nos jours. Continuer la lecture de « La Murchida (épître qui guide) et son impact dans l’enseignement de l’Islam au Maroc (+audio) »

La politique coloniale française envers l’enseignement de l’islam au Maghreb – par Shoko Watanabe

Cette intervention a pour objectif de montrer le fait que la politique coloniale française vis-à-vis des institutions islamiques au Maghreb, mises en place depuis le milieu du XIXe siècle, était motivée par une politique indirecte de domination. Par-delà la dichotomie répandue entre « assimilation » et « association », la construction d’un double système d’enseignement – ancien et nouveau – aux états « protectorates » devrait être comprise au regard du développement de la politique de l’islam en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Continuer la lecture de « La politique coloniale française envers l’enseignement de l’islam au Maghreb – par Shoko Watanabe »

Les interactions, ou leur absence, entre les sciences religieuses et sociales. Analyse des méthodologies des programmes de la chariaa et des sciences islamiques au Maroc

Cette intervention a pour objectif d’analyser le contenu des méthodologies enseignées dans les facultés de la chariaa et des études islamiques au Maroc, en mettant plus particulièrement l’accent sur la présence/absence d’éléments issus des sciences sociales dans ce domaine. À ce titre, nous soutenons l’idée qu’on ne peut interpréter le fiqh, dans une situation concrète donnée, sans le recours aux outils scientifiques propres aux sciences humaines, et plus particulièrement aux sciences sociales. L’apport de celles-ci consiste, en effet, à établir un lien entre l’appartenance et la pratique religieuses et les phénomènes sociaux, ce qui permet de comprendre les formes institutionnelles que peut prendre le religieux (mosquées, partis islamistes, instances de jurisprudence, etc.). Continuer la lecture de « Les interactions, ou leur absence, entre les sciences religieuses et sociales. Analyse des méthodologies des programmes de la chariaa et des sciences islamiques au Maroc »